Carte de l’industrialisation de l’agriculture : Une dérive destructrice pour les pays ans

Bonjour,

vous trouverez ci-joint un Communiqué de presse de la Confédération paysanne sur les dérives destructrices de l’industrialisation de l’agriculture.

Nous attirons votre attention sur deux projets locaux recensés sur la carte de l’industrialisation:

– 8ha de serres de tomates à Lapouyade (33)

– 11 000 porcs à Saint Symphorien (33)

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=3347

Cordialement,

Coralie PASQUIER

Animatrice Confédération Paysanne de Gironde
8 rue de la Course 33000 BORDEAUX
Tél: 0556522679 / Mail: conf.paysanne33

Bagnolet, le 20 février 2015
COMMUNIQUE DE PRESSE

Carte de l’industrialisation de l’agriculture :
Une dérive destructrice pour les paysans

A la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, la Confédération paysanne rend publique la carte de l’industrialisation de l’agriculture. Certes non exhaustive, elle met cependant en évidence comment, au-delà du symbole des 1000 vaches, une agriculture destructrice se met en place. La Loi Macron (articles 27 à 30) et les récentes annonces de Manuel Valls démontrent clairement que cette dérive correspond à la volonté du gouvernement.

Il y a donc une réelle intention de livrer notre métier aux mains d’industriels plus soucieux de leurs parts de marché que de l’emploi, de l’alimentation ou de l’environnement. L’exemple de la pieuvre Sofiprotéol (avec sa nouvelle entité Avril) est particulièrement parlant. Producteur d’aliments, fournisseur de conseils et de débouchés, financeur, la société du Président de la FNSEA s’accapare la production et la valeur ajoutée au mépris des paysans.

Mais cette carte n’est que la partie immergée d’un énorme iceberg. Quotidiennement, les paysans sont poussés par la profession agricole, les banques et les politiques vers l’agrandissement, la modernisation à outrance et la déconnexion de leur métier, accentuant leurs difficultés.

Avec des paysans plus fragiles, qui deviennent les travailleurs à façon de l’agro-alimentaire, et moins soutenus par les pouvoirs publics que les projets industriels, le calcul est vite fait. Sous couvert d’une prétendue compétitivité, le gouvernement fait le choix d’une agriculture de production sans producteurs, à quoi s’ajoute un déni des préoccupations environnementales et climatiques.

Pourtant, les solutions existent avec l’agriculture paysanne, autonome, relocalisée, respectueuse de ses travailleurs. C’est pour eux, avec le soutien d’une large majorité des citoyens, que la Confédération paysanne poursuit son combat.

Lancement de la carte de l’industrialisation sur France Inter : http://www.franceinter.fr/depeche-la-confederation-paysanne-denonce-le-toujours-plus-grand

Reporterre « Le maître caché de l’industrialisation de l’agriculture » : http://www.reporterre.net/ENQUETE-Le-maitre-cache-de-l

La carte sur le site de la Conf’ : http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=3347

Ci-joint, Les ferme-usines en bref*

Contacts :
Laurent Pinatel, Porte-parole : 06 80 58 97 22
Elina Bouchet, Chargée de communication : 06 95 29 80 78

LES FERMES-USINES EN BREF

Les paysans sont poussés par la profession (coopératives, banques, syndicat majoritaire, interprofession…) et les politiques agricoles dans une course à l’agrandissement et à la modernisation à outrance. Ils portent le poids et le risque financier des projets, les heures de travail interminables et faiblement rémunérées, l’isolement social (opposition de la société civile, isolement rural, célibat), et la perte de sens de leur métier (méthodes industrielles, fuite en avant), tout ça pour bâtir des monstres industriels qui deviennent impossible à transmettre sauf à des structures du même type (fonds d’investissement, industrie agro-alimentaire…).

La valeur ajoutée, elle, est captée par les groupes industriels qu’on retrouve derrière la plupart de ces projets : Ramery, Pamproeuf, Sofiprotéol, Cooperl, SVA Jean Rozé, Vivadour, Veolia, Greenery. On assiste donc à une réelle financiarisation de l’agriculture.

La production d’énergie : phénomène central dans la prolifération des fermes-usines. Initialement connu pour la production d’agrocarburants, c’est aujourd’hui la méthanisation et le photovoltaïque pour les élevages XXL, ou encore la cogénération d’énergie pour le maraichage hors sol qui intéresse les investisseurs.

Conséquences

globales :

Cannibalisation de l’agriculture paysanne : On distingue deux types d’agricultures : l’agriculture industrielle d’un coté qui n’a pas de limite dans son industrialisation, prédatrice d’une agriculture à taille humaine et respectueuse de l’environnement. La première s’accapare les terres, comprime les prix et donc les revenus, conquiert et occupe les marchés, sature l’environnement de nitrates, détruit l’emploi, les campagnes et ce pour le plus grand bénéfice des fonds d’investissement et des industries agro-alimentaires. La deuxième se voit par conséquent privée de ses moyens de subsistance. Nombre de paysans, entre les deux, se sentent obligés de choisir et sont donc encouragés à s’industrialiser.

Destruction de l’emploi paysan : Cet agrandissement des élevages est sous-tendu par une mécanisation et une robotisation à l’extrême. Par exemple, pour le lait l’horizon actuel, c’est 1 emploi pour 1 million de litres de lait produits dans les fermes-usines contre 1 emploi pour 250 000 l en production classique.

Les paysans et les animaux ne sont plus que des facteurs de production, autrement dit des machines : Plus de paysans ou d’animaux dans ces usines agricoles, mais bien des ouvriers spécialisés et des animaux-machines. On les fait manger un maximum, pour récupérer un maximum de produits (ex : lait) ou coproduits (ex : déjections, viande) dans un minimum de temps. Et bientôt leur cadavre sera transformé en agro-carburant de 2e génération.

Des méthodes de production incompatibles avec le respect de l’environnement et les enjeux du réchauffement climatique :

· Epandages massif de déjections animales, souvent dans des zones saturées en nitrates et/ou sensibles, et quand elles sont « méthanisées » on les mélange parfois avec une foules de co-déchets issus d’autres industries (graisses animales, produits périmés / défectueux de l’industrie agro-alimentaire, etc.) qu’on répand ensuite sur les terres agricoles.

· La perte d’autonomie des exploitations en alimentation animale : l’alimentation est de moins en moins produite sur place et provient de plus en plus de coproduits issus de la production d’agro-carburants, quand elle n’est pas issue de soja OGM sud-américains.

· Cette spécialisation des activités agricoles, accompagnant la spécialisation agro-alimentaire et sous couvert d’économie circulaire, fait exploser le bilan carbone des filières, en terme de transports en particulier.

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